
Quand on pense à un mannequin, on imagine tout de suite une silhouette longiligne sur un podium à la Fashion Week, un visage angélique sous les flashs, une démarche calibrée au millimètre.
Mais cette vision est non seulement réductrice… elle est aussi fausse.
Et si je te disais que tu peux être mannequin sans jamais défiler ?
Qu’on peut représenter des marques sans correspondre aux standards de la haute couture ?
Bienvenue dans l’univers du mannequinat commercial.
Un secteur omniprésent, mais encore trop souvent sous-estimé.
Et je t’assure, tu en croises tous les jours, sans le savoir : dans les publicités, les vitrines, les e‑shops, les réseaux sociaux, les catalogues… Ces mannequins sont partout, mais rarement mis en lumière.
Comme si, parce qu’ils ne défilent pas, ils n’étaient pas de “vrais” mannequins.
Et s’il était temps de leur donner la reconnaissance qu’ils méritent ?

C’est quoi, un mannequin commercial ?
Ce sont des mannequins qui représentent des marques ou des produits destinés au grand public. Contrairement aux mannequins de mode, ils apparaissent dans des pubs, des catalogues, des campagnes publicitaires ou encore sur des sites e-commerce.
Et surtout : leurs critères physiques sont bien plus inclusifs.
Pas besoin de mesurer 1m80 ou de faire une taille 34 pour représenter une marque.
D’ailleurs, ce type de mannequinat est bien plus courant qu’on ne l’imagine.
D’après les statistiques de Zipdo “environ 80 % des mannequins dans l’industrie travaillent dans le commercial (pub, print, e-com, etc.), contre seulement 20 % dans le secteur fashion pur (haute couture, édito, défilé).”


Et pourtant, c’est ce petit pourcentage de 20% qui continue à être glorifié, comme si le reste n’existait pas.
Mais la réalité, c’est que la majorité des mannequins que tu vois au quotidien ne viennent pas du monde de la Fashion Week.
Donc, le mannequin commercial serait un secteur plus inclusif, plus représentatif ?
Oui. Contrairement au secteur fashion, encore très normé (minceur extrême, taille minimum, proportions précises), le mannequinat commercial s’ouvre à des morphologies variées.
La grande question est : pourquoi ?
Parce qu’il s’adresse à un public réel, multiple, et divers.
Les marques veulent que leurs clients se reconnaissent dans les visages qu’elles mettent en avant.
Et ce n’est pas qu’une question d’image : c’est aussi une stratégie marketing efficace.
Les études le confirment :
Selon Zodel : “Les campagnes avec des mannequins plus‑size génèrent en moyenne un engagement social supérieur (jusqu’à +48 %)”
Et selon Model House : “Les marques inclusives voient souvent une augmentation de leurs ventes”
Autrement dit : les campagnes avec des mannequins qui reflètent la diversité du public inspirent plus de confiance, plus d’engagement… et donc de meilleurs résultats commerciaux.
Ainsi, le mannequinat commercial ne se limite pas à vendre un produit. Il transmet une image, une identité de marque, un mode de vie.
Et pour toucher un public large, il faut représenter un maximum de profils différents.
Aujourd’hui, on voit de plus en plus de campagnes avec des profils variés : des femmes et des hommes de toutes corpulences, des personnes âgées, des personnes en situation de handicap, et des visages qui ne correspondent pas aux standards lisses de la mode.
Et c’est justement ce que valorise le mannequinat commercial.
Voici le témoignage d’une amie, Emma.
Elle est mannequin, sans jamais être passée par la case « Fashion Week ». Et pourtant, son visage est apparu dans des publicités, sur des sites e-commerce, etc.
“En tant que mannequin commercial, on est très souvent sous-estimé·es. Mais je pense qu’on peut tou·te·s avoir des buts différents dans un même milieu. Le mien n’a jamais été de faire la Fashion Week, ça ne m’a jamais attirée. En revanche, je pense que ce qui m’a le plus marquée, ce sont les fois où j’ai pu travailler avec des marques dont j’utilisais des produits régulièrement.
La première fois , c’était avec Bioderma. J’ai réussi à être bookée sur un shoot pour État Pur et j’étais complètement excitée, c’était fou pour moi. La deuxième, c’est lorsque j’ai travaillé pour Puma. J’ai passé leur casting en Inde, dans le HQ de 16 étages, en me répétant intérieurement : « Pourvu qu’ils me prennent, pourvu qu’ils me prennent… » et je me suis retrouvée à travailler avec eux chaque semaine pendant deux mois. Encore aujourd’hui, je suis en contact avec l’équipe. C’était complètement magique de me voir sur leur site web, dans leurs vidéos, etc.
Je pense que ce sont deux des jobs que j’ai eus, qui m’ont profondément marquée, et qui m’ont fait me dire : « Wow, j’en suis là aujourd’hui. C’est moi que l’on voit dans les publicités sur Instagram et sur leur site web. »”
— Emma Brunel, 23 ans.
Tu l’as compris : être mannequin, ce n’est pas seulement défiler sous les projecteurs.
C’est représenter une marque, transmettre ses valeurs et incarner sa clientèle.
Le mannequinat commercial n’est pas un “sous-métier”.
C’est un secteur à part entière : professionnel, créatif, légitime, et essentiel dans l’univers de la mode et de la publicité.
La prochaine fois que tu vois une pub, un catalogue ou un e-shop… regarde bien. Tu verras peut-être Emma. Ou toi-même.
Alors, prêt·e à revoir ta définition d’un mannequin ?
SOURCES :
Zipdo : Modeling Industry Statistics
Zodel : Hiring Plus‑Size Female Models
Model House : Plus-Size Models in Advertising